Inscription Newsletter

Inspiration

Sans pardon, la vie est gouvernée par un parcours sans fin de ressentiment et de vengeance.
Roberto Assagioli

J'ai aimé...


"Dans la vie, tu vas réaliser qu'il y a un rôle pour toutes les personnes que tu rencontres. Certaines vont te tester, d'autres vont t'utiliser, d'autres vont t'aimer, et d'autres vont t'enseigner.
Mais celles qui sont le plus importantes sont celles qui font ressortir le meilleur de toi-même.
Ce sont des personnes étonnantes et rares qui vont te rappeler pourquoi la vie vaut la peine d'être vécue."
Auteur inconnu

Vous trouverez ici des contes et des textes du monde entier, sélectionnés pour leur valeur symbolique. Ils sont laissés à l'interprétation de chacun, car leur résonance est intimement liée à nos expériences personnelles.

Le symbole d'un conte est avant tout capté par notre inconscient, c'est lui qui se l'appropriera pour en faire sa légende personnelle. Le mythe pose le fondement des choses alors que le conte en maintient le déroulement. Les mythes représentent souvent les exigences i­rréalisables du surmoi alors que les contes dépeignent, sous une forme initiatique, l'inté­gration du moi.

Les textes quant à eux sont l'expression d'une sensibilité ou d'une sagesse que nous avons souhaité partager.

Metamorphoses, développement personnel

 

Comme l'empereur Akbar*, je suis allé prier dans la mosquée d'Agra. Mais les colonnes sous les ogives des coupoles étaient comme des files de pélerins coiffés de dentelles de pierre qui cheminent et chuchotent et ne se mettent pas à genoux.

 

Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier dans le temple des Brahmanes. Mais on y respirait l'odeur suffocante des bûchers voisins. Les divinités étaient trop nombreuses. Ganesha agitait sa trompe et Siva déployait tellement de bras que j'ai eu peur d'être saisi avant d'avoir terminé ma prière à Dieu.

 

Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier au milieu des Parsis. Mais le feu sacré avait toujours l'air de s'éteindre. J'étais enveloppé par l'ombre immense d'Ahriman et les Yatus avec leur corps pareil à celui des chauves-souris frissonnaient autour de moi et faisaient un bruit d'ailes feutrées.

 

+ sur "Le temple de l'âme" - texte de Maurice Magre

Une veuve avait sept fils. Elle était pauvre. Elle était même la plus pauvre de tout son village. Une année, la famine sévit dans le pays et les pauvres, déjà tellement pauvres, touchèrent le fond de leur misère. Ses sept fils décidèrent de partir gagner leur vie à travers le vaste monde. Ils partirent avec des pieds de plomb, désespérés de laisser leur mère tant aimée.

Ils voyagèrent longtemps de ville en ville mais ne trouvèrent pas de travail. Ils étaient trop jeunes, trop nombreux et trop maigres ! De jours en jours, ils avaient de plus en plus faim et étaient de plus en plus fatigués. Ils dormaient le ventre vide dans les bois, dans les fossés ou sur le bord des routes.

Un matin, que le temps était particulièrement mauvais, que la pluie tombait à verses, qu’un vent glacé soufflait entraînant à sa suite des nappes de brouillard, qu'ils étaient transis de froid, mouillés de la tête aux pieds et tellement désespérés d’être en si mauvaise posture, ils se trouvèrent juste devant les murs délabrés d’un château. Ils frappèrent à la porte mais personne ne vînt leur ouvrir. Ils poussèrent le vantail et se trouvèrent dans une cour vide. Pas de chiens de garde, pas de chevaux dans les écuries, pas de lumière derrière les vitres brisées. Ils se dirigèrent vers ce qui semblait être le corps du logis. Ils appelèrent mais seul l’écho leur renvoya leurs appels. Ils visitèrent toutes les pièces. Elles étaient sales, couvertes de poussière et de grosses toiles d’araignées pendaient du plafond.

Arrivés à la dernière pièce, ils s’arrêtèrent stupéfaits. La pièce était rangée, propre. En son centre se dressait une table admirablement garnie de sept assiettes en argent, de plats de viande, de sauces fumantes, de légumes les plus variés, de sept verres en cristal, de sept serviettes de soie, de pain frais dans la corbeille à pain, de bougeoirs aux bougies rouges. Dans la cheminée des bûches n’attendaient plus que l’étincelle pour répandre dans la pièce leur douce chaleur.

Leur faim était tellement forte qu’ils pénétrèrent dans la pièce, s’installèrent à la table et mangèrent de bel appétit. L’aîné osa même allumer le feu.

Au beau milieu de leur repas, ils entendent une voix plaintive qui leur dit :

- Plus de lumière, encore plus de lumière !

Ils se regardent sans parler. Au bout d’un moment, le silence revenu, les sept garçons s'apprêtent à boire. Au moment d'approcher leurs lèvres des verres, la voix gémit à nouveau :

- Plus de lumière, encore plus de lumière !

L’aîné prend son courage à deux mains, allume une torche et dit :

- Je vais voir ce qui se passe.

- Nous t’accompagnons, disent ses frères.

Ils sortent dans le couloir, montent les escaliers. La lune éclaire les marches. Arrivés à l’étage, ils visitent les pièces sans rien trouver. Partout, la même poussière, les mêmes toiles d’araignées. Ils montent encore une volée d’escaliers et parviennent à une dernière porte tout au sommet de la tour. Ils poussent la porte mais ont un mouvement de recul. La pièce est occupée par un vieillard à la longue barbe blanche, tellement longue qu’elle touche le sol, et aux cheveux immaculés. Son visage est très pâle. Il est assis sur un vieux siège défoncé derrière une table bancale. Derrière le fauteuil se dresse un énorme tableau qui représente un chat noir aux yeux vert émeraude qui brillent d’une lumière inquiétante et regardent fixement les sept garçons. Malgré leur courage, ils tremblent sous ce regard.

Le vieillard ne semble voir les sept frères. Il est plongé dans un énorme livre qu'il semble avoir des difficultés à déchiffrer. Il se met à gémir.

- Plus de lumière, encore plus de lumière !

Les jambes des sept frères tremblent de plus en plus. L’aîné est sans conteste le plus courageux. Il s’approche du vieillard, pris de pitié, et lève sa torche au dessus du livre tout en lui disant :

- Voici de la lumière.

Le vieil homme baisse la tête et se remet à lire avec fièvre. Il avale les pages jaunies plutôt qu’il ne les lit comme s’il craignait que la lumière ne s’éteigne avant qu’il n’ait terminé. A la dernière page, il pousse un soupir et referme le volume relié de vieux cuir aux coins d’argent noircis par les ans.

L’homme lève la tête et en regardant l’aîné dit :

- Je te remercie, mon garçon. Je vous remercie tous de m’avoir libéré. Quand j’étais encore en vie, il y a très très longtemps, je n’aimais personne et mon cœur ne connaissait pas de pitié. Les gens me fuyaient. Je fut condamné à rester dans cette pièce sombre jusqu'à ce que j’achève la lecture de ce gros livre. Il parle de gens sages et bons. Il décrit les souffrances, les peines, les larmes, les injustices qui frappent ces gens. Il détaille aussi tous les méfaits dont je me suis rendu coupable, mon égoïsme, ma cruauté. Il y a dans ces pages les pleurs des mères qui veillent leurs enfants malades, la douleur des fils qui ne peuvent aider leurs parents. J’ai commencé cette lecture il y a cent ans et je ne l’avais toujours pas achevée. Seul celui qui m’éclairerait pouvait me sauver. Vous m’avez secouru, en récompense, je vous donne ce château. Il est bien délabré mais si vous creusez dans la cave, vous trouverez sept pots d’or; ils sont pour vous.

Au moment où il prononça ces paroles, un courant d’air souffla brusquement sur la torche. Le cadet partit en chercher une autre mais lorsqu’il revînt, le vieillard, le livre et le chat du cadre avaient disparu.

Les sept frères descendirent dans la cave et trouvèrent les pots remplis d'or, comme le vieillard le leur avait dit. Ils firent venir leur mère, remirent en état le château, nettoyèrent toutes les pièces et redonnèrent à la bâtisse son lustre d’antan. Jamais plus ils ne connurent ni la misère, ni la faim. Jamais ils n’oublièrent le vieillard ni le contenu de son livre qui n’était autre que le livre de la sagesse du monde.

Metamorphoses-conte apacheC’était il y a longtemps… lorsque les hommes avaient un gros problème; le ciel était trop bas.

Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S’ils essayaient, ils se heurtaient aux arbres et aux nuages.

Mais ce qui était plus pénible encore, c’était que les hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leur corps le leur demandait. Ils devaient marcher tout penchés, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient.

Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, Ils pouvaient se lever aussi droits qu’ils le souhaitaient. Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient. Ils savaient par contre qu’un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe.

 

+ sur "Comment le ciel est devenu grand" - Conte apache

Metamorphoses conte sur la sagesseUn Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.

- Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.

- Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.

 

+ sur "Les trois portes - conte sur la sagesse"

Un monarque hindou avait un ministre qui était célèbre pour sa sagesse, et qu'on venait consulter de loin.

A tous ceux qui, dans le désespoir et le malheur, lui demandait conseil, il disait invariablement :

- Dieu fait tout pour le mieux

+ sur "Tout est pour le mieux - conte indien"

Iriku avait beaucoup aimé son père. Aujourd'hui, le vieillard avait rejoint les ancêtres. Souvent, quand il tressait un panier de bambou, Iriku songeait: "si mon épouse n'avait pas eu tant d'adversion pour mon honorable père, il aurait été plus heureux dans ses vieux jours. Je n'aurais pas hésité à lui manifester mon affection, mon respect filial. Nous aurions eu de longues et douces conversations. il m'aurait entretenu des gens et des choses du passé..." Et une mélancolie le prenait.

+ sur "Parabole d'Iriku - conte zen"

Métamorphoses-Développement-personnel-conte-zenUn jeune homme aimait une riche jeune fille. Deux ans durant, il lui écrivait tous les jours, mais n'obtint jamais de réponse. Alors, il devint moine, et se retira dans un ermitage de la montagne.

Un jour, quelques années plus tard, il la voit arriver en son lieu de retraite. S'agenouillant devant lui, elle dit:
"Je me suis trompée. A présent j'ai compris votre amour, me voilà je suis à vous."
Mais il répond : "Il est trop tard. A présent, je suis moine, j'ai coupé mon amour pour vous. Partez !"

 

+ sur "Le vent d'automne disperse les feuilles mortes"

Métamorphoses-Développement-personnel-contes

Que de choses dans un encrier ! disait quelqu'un qui se trouvait chez un poète; que de belles choses ! Quelle sera la première œuvre qui en sortira ? Un admirable ouvrage sans doute.

- C'est tout simplement admirable, répondit aussitôt la voix de l'encrier; tout ce qu'il y a de plus admirable ! répéta-t-il, en prenant à témoin la plume et les autres objets placés sur le bureau. Que de choses en moi... on a quelque peine à le concevoi ... Il est vrai que je l'ignore moi-même et que je serais fort embarrassé de dire ce qui en sort quand une plume vient de s'y plonger. Une seule de mes gouttes suffit pour une demi-page: que ne contient pas celle-ci ! C'est de moi que naissent toutes les œuvres du maître de céans. C'est dans moi qu'il puise ces considérations subtiles, ces héros aimables, ces paysages séduisants qui emplissent tant de livres. Je n'y comprends rien, et la nature me laisse absolument indifférent; mais qu'importe : tout cela n'en a pas moins sa source en moi, et cela me suffit.

 

+ sur "La Plume et l'Encrier"